Newsletter
Décembre 2007Les registres français des infarctus du myocarde (IDM) apportent des renseignements particulièrement importants sur la prise en charge de cette pathologie. Ils ont ainsi montré qu´en dix ans, une meilleure prise en charge précoce des infarctus s´est associée à une rapide diminution de la mortalité hospitalière. Les trois registres français USIK 1995, USIC 2000 et FAST MI, réalisés à cinq ans d´intervalle, ont utilisé une méthodologie similaire en recueillant sur 1 mois les données de tous les patients hospitalisés dans les 48 premières heures d´un syndrome coronaire aigu.
Au total, 7 528 patients ont été inclus dans ces registres. De nouvelles données concernant les patients diabétiques et les différences de prise en charge hommes/femmes viennent d´être présentées au congrès américain de cardiologie.
Une baisse de la mortalité également constatée chez les diabétiques
Le nombre de diabétiques de type 2 inclus dans les trois registres a progressivement augmenté : 17 % en 1995, 21 % en 2000 et 24 % en 2005 (p<0,001). Ils sont en moyenne plus âgés que les non-diabétiques (70 ans vs 66 ans, p<0,001), plus souvent obèses et hypertendus. En dix ans, la mortalité à 30 jours a significativement diminué pour les diabétiques (19,0 % en 1995, 13,1 % en 2000 et 8,3 % en 2005, p<0,001), comme pour les non-diabétiques (11,5 % en 1995, 7,0 % en 2000 et 5,8 % en 2005, p<0,001). De même, à six mois, une amélioration similaire de la survie a été constatée chez les diabétiques (de 76 % à 79 % et 84 %, respectivement sur les trois périodes, p<0,001) et les non-diabétiques (de 85 % à 89 % et 91 %, respectivement sur les trois périodes, p<0,001).
Cependant, si la mortalité après IDM a clairement diminué au cours des dix dernières années chez les diabétiques de type 2, il persiste une nette différence de survie entre les diabétiques et les non-diabétiques. Ainsi, en 2005, la survie à 6 mois d´un diabétique de type 2 après un IDM était équivalent à la survie à 6 mois d´un patient non-diabétique dix ans auparavant (84 % vs 85 %).
Hommes/femmes : une inégalité de prise en charge persistante
Les femmes représentaient respectivement 29 %, 27 % et 32 % des patients inclus en 1995, 2000 et 2005. Globalement et quelle que soit la période considérée, les femmes ont dix années de plus que les hommes. Sur l´ensemble des patients inclus dans les trois registres, 53 % des hommes et 39 % des femmes ont bénéficié d´une angioplastie (p<0,001). Si le recours à l´angioplastie a augmenté en dix ans, la différence hommes/femmes persiste : 12% vs 20 % en 1995, 45 % vs 62 % en 2000 et 52 % vs 69 % en 2005 (p<0,001). Globalement, le sexe féminin était un facteur prédictif indépendant d´un moindre recours à l´angioplastie, au même titre que l´âge élevé, l´existence d´une artériopathie des membres inférieurs ou d´une insuffisance cardiaque. Une nette diminution de la mortalité à 30 jours a cependant été observée passant de 21 % en 1995, à 12 % en 2000 et 8,5 % en 2005. Mais cette baisse était surtout prédominante chez les femmes qui avaient eu une angioplastie (14 %, 6 % et 4 %, respectivement), comparativement aux femmes sans angioplastie (22 %, 17 % et 14 %, respectivement). Il persiste donc une inégalité de prise en charge hommes/femmes, d´autant plus préoccupante que la baisse de la mortalité précoce est principalement observée chez les femmes ayant bénéficié d´une angioplastie.
Danchin N, et al.Trends in early and 6-month mortality over 10 years in diabetic vs non diabetic patients with acute myocardial infarction. Results from the USIK 1995, USIC 2000 and FAST-MI registries. Abstract n°2391

Les relations entre la consommation de café et les maladies cardiovasculaires ont fait l´objet de nombreuses études, mais peu se sont intéressées aux patients coronariens. Pour étudier cette association, les données des 11 231 patients (9 584 hommes et 1 647 femmes) inclus dans l´étude italienne GISSI-Prevenzione ont été utilisées. Tous avaient eu un infarctus depuis moins de 3 mois lors de l´inclusion dans l´étude. Les habitudes de consommation de café ont été évaluées au départ, à 6 mois et à 1,5 ans et classées en différentes catégories : aucune consommation, moins de 2 tasses par jour, 2 à 4 tasses par jour, et plus de 4 tasses par jour. Le principal critère d´évaluation était l´incidence cumulée des événements cardiovasculaires (décès cardiovasculaires, IDM non fatal et AVC non fatal).
Au total, 1167 événements cardiovasculaires ont été observés au cours du suivi. Après ajustement sur différentes variables, le risque relatif d´événements cardiovasculaires, en fonction de la consommation de café a été de 1,02 (95 % CI 0,87 à 1,20) pour moins de 2 tasses par jour, de 0,91 (95 % CI 0,75 à 1,09) pour 2 à 4 tasses par jour et de 0,88 (95 % CI 0,64 à 1,20) pour plus de 4 tasses par jour, comparé aux patients qui ne consommaient jamais de café.
Dans cette étude, la consommation de café, après un infarctus du myocarde, n´a pas augmenté le risque d´événements coronaires, d´accidents vasculaires cérébraux ou de mort subite.
Siletta MG, et al. Coffee consumption and risk of cardiovascular events after acute myocardial infarction. Results from the GISSI (Gruppo Italiano per lo Studio della Sopravvivenza nell´Infarcto miocardico)-Prevenzione trial. CirculationAHA.107.712976v1
Circulation 2007;116:2944-2951
Lavallée PC, et al. Stroke and vascular mortality trends in France : 1979-2001. Neuroepidemiology 2007 ; 29 :78-82.![]()
L'objectif de cet article est de présenter certaines techniques non médicamenteuses utilisées classiquement par les soignants, pour lutter contre la douleur de l'enfant et de l'adolescent : l'acupuncture, l'homéopathie, la stimulation transcutanée (TENS), les massages, la relaxation, l'application du chaud ou du froid et enfin l'hypnose. Ces techniques spécialisées sont utilisées isolément ou associées aux traitements antalgiques et elles ont la particularité d'envisager le patient douloureux dans sa globalité, en reliant les dimensions biologique et psychoaffective. Le recours à ces méthodes de soin se développe actuellement, mais est loin d'être systématique...
C. Cunin-Roy, M. Bienvenu, C.Wood Non-pharmacological methods for the treatment of pain in children and adolescents Archives de pédiatrie 14 (2007) 1477–1480
La décision de réaliser une laparotomie écourtée ou damage control chez un traumatisé
présentant une hémorragie d’origine abdominale importante est basée sur le risque de
coagulopathie encouru par le patient. Les antécédents du blessé, l’existence de lésions associées,
la gravité de l’hémorragie et du choc, l’existence d’une hypothermie et/ou d’une acidose
sont les principaux critères de décision. Chez les traumatisés de l’abdomen en choc hémorragique,
la technique de la LAPEC s’est rapidement diffusée au cours
de la dernière décennie et n’est réalisable qu’au prix d’une
collaboration interdisciplinaire étroite entre chirurgien,
anesthésiste-réanimateur et radiologue. Plus largement, la
gravité du tableau présenté par ces patients impose à
l’ensemble des intervenants du début à la fin de la chaîne
de prise en charge une coordination parfaite et une rigueur
totale, avec l’obsession de ne pas perdre une seule minute.
Même si la mortalité de ce geste demeure lourde, elle permet
aujourd’hui le sauvetage de patients qui auraient, il y
a quelques années, été jugés au delà de toute possibilité
thérapeutique.
Sur le plan technique l’intervention doit se limiter à faire l’hémostase la meilleure, le plus rapidement possible, pour diminuer le débit des transfusions, éviter les déperditions thermiques péritonéales et permettre au plus tôt la réanimation en milieu spécialisé. Cette hémostase est souvent réalisée par la mise en place de champs ou de compresses (tamponnement, en particulier hépatique) et par clampage ou ligature à la volée des vaisseaux en cause. Les atteintes digestives et de l’arbre urinaire sont également traitées par des procédés rapides provisoires : suture simple, ligature, utilisation de pinces mécaniques. La fermeture de la paroi doit être sans tension pour éviter le syndrome du compartiment abdominal. L’embolisation artérielle radiologique a une place de choix dans cette stratégie. En cas d’échec, la décision de relaparotomie est délicate dans les premières heures. En revanche, les indications de réinterventions exploratrices ou de réparation programmées peuvent être larges dans les jours qui suivent.
La laparotomie écourtée pour le traitement des traumatismes abdominaux sévères.
C. Arvieux∗, C. Létoublon, F. Reche
Réanimation (2007) 16, 678—686..